Gerard Grunberg su La Croix: perché finito il ps di Epinay

Primaire PS : « C’est la fin du parti d’Epinay »

Recueilli par Béatrice Bouniol, le 29/01/2017 à 22h39

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Après la nette victoire de Benoît Hamon face à Manuel Valls, dimanche 29 janvier, Gérard Grunberg, directeur de recherche émérite au Centre d’études européennes de Sciences-Po et spécialiste de la gauche, analyse les principaux enseignements du scrutin.

ZOOM

Benoît Hamon a remporté, dimanche 29 janvier, la primaire organisée par le PS avec près de 60 % des voix. / GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

La Croix : La victoire de Benoît Hamon est-elle celle d’une ligne minoritaire ?

Gérard Grunberg : C’est en tout cas la victoire de ceux qui étaient minoritaires avant cette primaire, car Benoît Hamon représente les frondeurs. La bataille a été menée sur un plan idéologique ancien, entre l’offre et la demande, avec des enjeux nouveaux comme le réchauffement climatique et une utopie, le revenu universel, qui a attiré les jeunes du côté de Benoît Hamon. Le résultat est inédit : c’est la première fois que le candidat de l’aile gauche représentera le parti à l’élection présidentielle.

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Mais de mon point de vue, Manuel Valls n’a pas fait un trop mauvais score, au vu du manque de reports de voix prévu au second tour. Il pouvait mourir lors de cette primaire et il n’est pas mort. Les suffrages en sa faveur signifient qu’il existe encore un centre droit et que le parti est réellement coupé en deux. Cela peut peut-être limiter un peu les ralliements à Emmanuel Macron.

Ce résultat ne risque-t-il pas tout de même d’entraîner le départ de nombreux élus vers le candidat d’En Marche ?

  1. G. : Sans doute, d’autant que l’on sait pour l’instant que Benoît Hamon est crédité un peu plus de 10 % seulement d’intentions de vote pour l’élection présidentielle. Sachant que le score du parti socialiste risque d’être aussi faible, nombre d’élus peuvent avoir envie de tenter une investiture En Marche pour les législatives. Le pronostic actuel qui donne une chance de victoire à Emmanuel Macron va forcément créer un phénomène d’aspiration. Reste à savoir si celui-ci ne sera qu’individuel ou s’il y aura à un moment une négociation entre le parti socialiste et Emmanuel Macron.

Jusqu’à la présidentielle, c’est bien entendu inenvisageable. Mais si Benoît Hamon réalise une vraie contre-performance – en dessous de 10 % – et se place en quatrième ou cinquième position, le parti socialiste sera bien obligé de négocier. Ce ne sera pas le candidat défait qui mènera alors les discussions mais plutôt Jean-Christophe Cambadélis ou pourquoi pas Manuel Valls. Avec le mode de scrutin aux législatives, Emmanuel Macron peut y avoir un intérêt lui aussi, d’autant plus s’il est éliminé au second tour. Si toutefois il était élu, il pourrait en revanche reproduire la stratégie du général De Gaulle en 1958 et présenter ses propres candidats.

Pendant ce quinquennat, le rassemblement autour de la gauche de gouvernement a échoué. Est-il envisageable qu’il se crée autour de celle de Benoît Hamon ?

Il ne me semble pas. Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ne représentent pour le moment qu’environ 20 % des intentions de vote, ce qui condamne le parti à rester dans l’opposition longtemps. D’ailleurs, leurs propositions à tous deux ne forment pas un programme de gouvernement. Dans ce contexte, Manuel Valls a tout intérêt à afficher son soutien au vainqueur, afin de ne pas attiser les envies de départ chez les élus centristes en remettant en avant le caractère irréconciliable des deux gauches.

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Il doit montrer qu’il défend le parti socialiste, qu’il « garde la maison » en quelque sorte, et laisser Benoît Hamon faire campagne. Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, en cas de défaite claire du candidat, il sera temps pour lui d’imposer à nouveau sa ligne au sein du parti, lors du congrès de rentrée par exemple. Quant à créer son propre parti, il n’a plus l’espace pour le faire depuis l’envol d’Emmanuel Macron.

Cette primaire aura-t-elle provoqué la fin du parti socialiste ?

Elle a en tout cas acté la liquidation du parti issu d’Épinay, où le centre s’allie à l’aile gauche lorsqu’il se trouve dans l’opposition et à l’aile droite quand il est au gouvernement. Après la SFIO, le parti d’Épinay, cette primaire ouvre une troisième phase : le centre est devenu trop faible pour demeurer le leader du rassemblement et c’est l’aile gauche qui s’impose. La victoire de Benoît Hamon sanctionne l’échec du parti socialiste comme parti de gouvernement.

Cela ne signifie donc pas la mort de celui-ci mais son rétrécissement. Le parti socialiste est désormais un petit parti qui ne peut plus prétendre au pouvoir et s’interroge sur les alliances qu’il pourrait imaginer. Jean-Luc Mélenchon refuse cette possibilité. Peut-être peuvent-ils trouver une base d’entente avec les communistes situés entre lui et Hamon, mais cela ne créera qu’une alliance très réduite, insuffisante pour constituer une alternative. Reste Emmanuel Macron…

Recueilli par Béatrice Bouniol

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